10/18/2024
En guise de RÉVÉRENCE (en mémoire de notre 1er Empereur pour l'anniversaire funeste de son assassinat)
NOS HOMMES, LEURS VICES et LA SURVIE d’HAITI (4e partie)
Sur nos malheurs, j’ai murement réfléchi.
Pour que nous en soyons tous affranchis,
Il nous faut faire face à de vrais défis.
Méprenons-nous ! Notre foi seule ne suffit.
Nous allons devoir être très aguerris,
Pour que, de nos maux, nous soyons guéris.
Nos maux : ce sont nos plans mal définis ;
Nos querelles intestines à l’infini.
Nos maux : ce sont nos regards nostalgiques,
Aux teintes fières, joyeuses ou mélancoliques ;
Nos inégalités non aplaties ;
Nos haines viscérales, nos antipathies.
Nous nous vautrons dans un hier héroïque.
Nous laissons tout au hasard archaïque.
Soupirant après la démocratie,
Nous nous reprochons, l’un l’autre, l’inertie.
Nous citons Boukman, Toussaint, Dessalines.
Christophe, Sanite Bélair, notre héroïne…
Et nous ? Qu’est-ce que nous faisons aujourd’hui ?
À quel genre de peuple sommes-nous donc réduits ?
Nos glorieux hommes doivent se sentir trahis
Par la haine qui, de vos durs cœurs, jaillit.
Ils doivent frémir dans leurs tombes décrépies
De nous voir tourner en rond comme toupies.
Dès le 17 octobre 1806
Des traitres ont proclamé : « Pèp la p ap sis ! »
Suite au crime barbare sur l’Empereur commis ;
Puis, partout son nom devait être omis.
Et le sort du peuple fut scellé depuis.
Le pouvoir devint semblable à un puits
Où, sous l’injuste prétexte de « droits acquis »,
Ces félons puisent comme en pays conquis.
Ils y plongent leurs gros seaux jusqu’à la lie.
Le criminel au receleur s’allie.
Tout pour eux seuls. Oligarques et bandits
S’entendent pour rendre les services interdits.
Commerces, transports, centres de santé publique,
Hôpitaux, bureaux de l’État, cliniques,
Tribunaux, marchés, péristyles, églises :
Activités quasi nulles, tout s’enlise.
Assassinat : pourquoi, surtout, pour qui ?
Dès ce crime, furent perdus tous droits conquis,
Du moins, pour la masse la plus démunie.
Amer constat : une nation désunie !
Nous oublions de vivre pour la patrie.
L’union qui nous a tous soudés, sans tri,
Sans différences et sans catégories
S’avoue vaine face à autant de mépris.
Mépris de toutes sortes, de tout acabit
Tant chez les gueux que les beaux habits !
Mépris des valeurs, mépris de la vie
Au profit du matériel, de l’envie !
Mépris des besoins primaires et utiles
Au profit du superflu, du futile !
Ces mépris, sans créer un génocide,
Nous amènent droit à une guerre fratricide.
JBF, Montréal 17 OC 2024