25/09/2024
Le Bas-Uélé, province de la RDC située au nord du pays, enregistre depuis fin mai, la présence d’un groupe rebelle venu de la République Centrafricaine. C’est la première fois qu’un groupe armé centrafricain établit sa base-arrière dans le Bas-Uélé.
En effet, depuis plusieurs années, la RCA est un pays déchiré par de violents conflits armés opposant le régime de Bangui à un kaléidoscope de groupes armés et des groupes d’auto-défense communautaire rivaux.
Ces conflits se sont accélérés depuis la dissolution de la Séléka en septembre 2013, une coalition de forces rebelles ayant porté Michel Djotodia au pouvoir en mars de la même année à la suite de l’éviction du régime de François Bozizé. Par la suite, en 2014, Djotodia a jeté l’éponge et entre 2016 et 2017, l’ex-Séléka a volé en éclat, à cause d’une guerre intestine survenue au nord-est de Bangui, dans la Haute-Kotto entre deux de ses principales factions, l’UPC et le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) appuyé par les anti-balaka et le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC).
Malgré cet incident, l'UPC a maintenu sa zone d'influence, notamment dans la préfecture de Ouaka dont la capitale, Bambari, passera sous son contrôle en 2020. C'est en 2021 qu'elle a été contrainte à migrer vers le sud-est de la RCA, dans la préfecture du Haut-Mbomou, après un vaste assaut des mercenaires russes, les Wagners. Or le Haut-Mbomou était le bastion de l'Armée de résistance du seigneur (Lord's resistance army, LRA), un groupe armé d'origine ougandaise à partir duquel il lançait des attaques sur les provinces congolaises du Bas-Uélé et du Haut-Uélé.
Des incursions en répétition des rebelles dans le Bas-Uélé à l’établissement de leur base arrière ?
La première incursion des groupes armés étrangers dans le Bas-Uélé remonte à mars 2009 en territoire d’Ango. Elle était le fait de la LRA qui opérait à partir de la province voisine du Haut-Uélé. Cette incursion faisait suite aux pressions exercées sur le mouvement par les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par l’Armée de défense du peuple ougandais (Uganda people's defence force, UPDF) et la mission onusienne, MONUC dans le Haut-Uélé.
Profitant de la quasi-inexistence des services de sécurité, la LRA a étendu le théâtre de violences en RCA, dans le Haut-Mbomou en 2009 qui deviendra sa base.
En 2011, les forces américaines de l’opération Africom (Commandement américain pour l’Afrique) et l’UPDF déploient des troupes pour traquer la LRA et capturer son leader, Joseph Kony, mais sans y parvenir. L’opération prend fin en 2017 et crée un vide sécuritaire, notamment dans le Haut-Mbomou où l’UPC, prétendant lutter contre les exactions de la LRA subies par la communauté peule, étend progressivement sa zone d’influence.
L’UPC s’impose dès lors dans le Haut-Mbomou où elle contrôle les marchés de bétail ainsi que d’autres trafics transfrontaliers avec la RDC et le Soudan du Sud. Certaines sources indiquent que l’UPC se partageait les taxes avec des soldats sud-soudanais commis à la sécurité de la frontière et échangeait du bétail contre des armes et des munitions.
En 2019, l’antagonisme de l’UPC avec la LRA se transforme en pacte de non agression : les deux mouvements s’engagent à ne plus se faire la guerre, formant une coalition de fait. Désormais, la frontière devient poreuse entre ces mouvements à tel point que les responsabilités deviennent difficiles à établir dans les attaques dont les Uélé sont l'objet.Le Bas-Uélé, province de la RDC située au nord du pays, enregistre depuis fin mai, la présence d’un groupe rebelle venu de la République Centrafricaine. C’est la première fois qu’un groupe armé centrafricain établit sa base-arrière dans le Bas-Uélé.
En effet, depuis plusieurs années, la RCA est un pays déchiré par de violents conflits armés opposant le régime de Bangui à un kaléidoscope de groupes armés et des groupes d’auto-défense communautaire rivaux.
Ces conflits se sont accélérés depuis la dissolution de la Séléka en septembre 2013, une coalition de forces rebelles ayant porté Michel Djotodia au pouvoir en mars de la même année à la suite de l’éviction du régime de François Bozizé. Par la suite, en 2014, Djotodia a jeté l’éponge et entre 2016 et 2017, l’ex-Séléka a volé en éclat, à cause d’une guerre intestine survenue au nord-est de Bangui, dans la Haute-Kotto entre deux de ses principales factions, l’UPC et le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) appuyé par les anti-balaka et le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC).
Malgré cet incident, l'UPC a maintenu sa zone d'influence, notamment dans la préfecture de Ouaka dont la capitale, Bambari, passera sous son contrôle en 2020. C'est en 2021 qu'elle a été contrainte à migrer vers le sud-est de la RCA, dans la préfecture du Haut-Mbomou, après un vaste assaut des mercenaires russes, les Wagners. Or le Haut-Mbomou était le bastion de l'Armée de résistance du seigneur (Lord's resistance army, LRA), un groupe armé d'origine ougandaise à partir duquel il lançait des attaques sur les provinces congolaises du Bas-Uélé et du Haut-Uélé.
Des incursions en répétition des rebelles dans le Bas-Uélé à l’établissement de leur base arrière ?
La première incursion des groupes armés étrangers dans le Bas-Uélé remonte à mars 2009 en territoire d’Ango. Elle était le fait de la LRA qui opérait à partir de la province voisine du Haut-Uélé. Cette incursion faisait suite aux pressions exercées sur le mouvement par les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par l’Armée de défense du peuple ougandais (Uganda people's defence force, UPDF) et la mission onusienne, MONUC dans le Haut-Uélé.
Profitant de la quasi-inexistence des services de sécurité, la LRA a étendu le théâtre de violences en RCA, dans le Haut-Mbomou en 2009 qui deviendra sa base.
En 2011, les forces américaines de l’opération Africom (Commandement américain pour l’Afrique) et l’UPDF déploient des troupes pour traquer la LRA et capturer son leader, Joseph Kony, mais sans y parvenir. L’opération prend fin en 2017 et crée un vide sécuritaire, notamment dans le Haut-Mbomou où l’UPC, prétendant lutter contre les exactions de la LRA subies par la communauté peule, étend progressivement sa zone d’influence.
L’UPC s’impose dès lors dans le Haut-Mbomou où elle contrôle les marchés de bétail ainsi que d’autres trafics transfrontaliers avec la RDC et le Soudan du Sud. Certaines sources indiquent que l’UPC se partageait les taxes avec des soldats sud-soudanais commis à la sécurité de la frontière et échangeait du bétail contre des armes et des munitions.
En 2019, l’antagonisme de l’UPC avec la LRA se transforme en pacte de non agression : les deux mouvements s’engagent à ne plus se faire la guerre, formant une coalition de fait. Désormais, la frontière devient poreuse entre ces mouvements à tel point que les responsabilités deviennent difficiles à établir dans les attaques dont les Uélé sont l'objet. (EBUTELI)