04/13/2026
Enfin une petite pause. L’actualité nous a donné un peu de répit la semaine dernière avec une mission lunaire enlevante et réussie, avec en prime, un stunt publicitaire inattendu alors qu’un pot de Nutella flottant dans la capsule Orion Integrity, a parfaitement tourné pour afficher la marque au point où plusieurs ont cru à une création de l’IA. Ça faisait du bien et changement des nouvelles constamment alimentées par les déclarations tonitruantes, généralement mensongères et souvent malaisantes par leur vulgarité quand ce n’est pas une menace génocidaire. Bon. Encore une fois, je réussis à parler de ce que fait Voldemor sans jamais le nommer. Je n’ai malheureusement pas de respect pour l’homme qui n’en a ni pour personne, ni pour la vie ou pour quoi que ce soit qui ne l’adule pas publiquement.
En fait, je crois que l’Histoire retiendra ce que le magazine « Le Point » titre avec justesse dans sa dernière édition : « Donald Trump, le grand braquage ! » Parce que c’est ce à quoi nous assistons en direct, un gigantesque braquage reléguant la série « La Casa de Papel » à un conte pour enfants. Le magazine, comme d’autres, chiffre que le président s’est enrichi de plus d’un milliard de dollars depuis sa prise de la Maison Blanche il y a un an et tous ses petits copains en bénéficient impunément. Le point d’ancrage c’est lorsqu’il a déclaré le 9 avril 2025 « Time to invest! », 90 minutes avant de suspendre ses tarifs pour trois mois. Les marchés boursiers se sont envolés d’environ 9 % en une journée. C’est Martha Stewart qui doit être fâchée parce qu’elle est allée en prison pour vraiment moins que cela. Et le milliardaire en rajoute une couche un an plus t**d pratiquement jour pour jour avec des déclarations publiques qui ont fait chuter le prix du baril de pétrole de 13 % en une heure, quinze minutes après qu’un finfinaud assez proche du trône ait misé massivement sur la chute, et a engrangé plus d’un million en profits, en un quart d’heure. Une enquête démontre que ce « très talentueux » parieur jouit d’un taux de réussite de 83 % quand vient le temps de miser sur les mouvements militaires américains. C’est n’importe quoi et cela fait voler en éclats le peu de respect qui peut nous rester lorsqu’on pense à l’institution qu’est censé être la présidence américaine.
Pourquoi je vous parle encore du Roi du Sud alors que la couverture médiatique est omniprésente ? Parce que la perception que cela laisse chez certains d’entre vous, c’est que les portefeuilles de nos clients doivent nécessairement être en baisse ce qui n’est absolument pas le cas. Certains ont certes une diminution de la valeur depuis le début de l’année, mais c’est généralement deux à trois fois moins que la baisse des marchés. La grande majorité de nos clients ont un rendement positif depuis le début de l’année et cela n’est pas sans me rappeler les événements de 2020. Une de mes clientes est cheffe de la santé publique dans la grande région de Montréal et, à la suite de la crainte pandémique lors de la crise de la grippe H1N1, elle m’avait dit qu’elle était tellement connectée que si une poule en Asie décédait de façon anormale, elle recevait un rapport sur son bureau. Si cette même personne m’avait annoncé qu’une pandémie mondiale allait frapper le mois suivant et que la quasi-totalité des entreprises de la planète allaient être fermées pendant trois mois (alors que même pendant la Deuxième Guerre mondiale, les bars sont demeurés ouverts), que le taux de chômage allait monter à plus de 35 %, que l’inflation allait frôler les 9 %, que toutes les exportations allaient être stoppées et que les avions allaient être forcés au sol, j’aurais liquidé la totalité des portefeuilles de nos clients, car il était évident que les marchés allaient fortement chuter et que des pertes financières étaient inévitables.
Si j’avais fait cela — ce qui aurait été, on s’entend, un geste de prudence en investissement fortement apprécié de nos clients —, ils se seraient privés d’un rendement variant de 10 à 25 % pour l’année 2020. Tout cela est surréel, mais s’est vraiment produit comme je vous le décris.
Alors, que va-t-il se passer prochainement sur les marchés ? Personne ne le sait et l’actualité ne peut pas nous aider. Nous faisons affaire avec des gestionnaires qui ont une vision à long terme et, lorsque de la volatilité comme celle que nous vivons en ce moment se manifeste, nous pouvons être rassurés que l’argent est bien géré.
Personnellement, je ne suis pas inquiet pour vos investissements et je ne vois pas de raison de modifier la composition de nos portefeuilles.
Ce qui est « rassurant », c’est que comme le Roi du Sud gère en fonction des mouvements boursiers, chacune de ses actions ne vise qu’à faire monter les cours, et ça adonne bien, c’est là qu’on investit.
Ce qui me déçoit cependant, c’est la tendance à tout rapporter à soi. Au début du conflit, j’ai tristement assisté à un florilège télévisé de « micro-trottoir » qu’on appelait autrefois un vox pop, et un quidam qui faisait le plein a dit sans malaise : « à chaque fois qu’il y a un ouragan ou une guerre dans le monde, c’est nous autres qui écope ! » Ah ben oui, c’est sûr qu’il ne pensait pas aux familles des 168 fillettes de 7 à 12 ans, bombardées par erreur par Israël ou la Grande Amérique, alors qu’elles tentaient simplement d’apprendre à lire et à compter. Inquiète-toi pas pour elles, pour leurs parents ou simplement pour les gens comme moi qui en ont été profondément bouleversés, c’est certain que ça va te coûter plus cher pour remplir ton pickup, mais tes REER vont très bien et ça va continuer. Qu’est-ce que tu veux, on est du bon bord, du bord où y a pas d’guerre, comme le chantait De Larochellière en 1988. Plus ça change, plus c’est pareil.
Pour revenir aux nouvelles et aux marchés, ne nous laissons pas distraire par le bruit de fond assourdissant, la valeur des entreprises est toujours présente et les gestionnaires avec qui nous faisons affaire savent en tirer profits, honnêtement.
Je le dis et je le répète, nous vivons des moments particuliers, et si nous sommes tétanisés par la peur de ce qui va arriver, mais qui n’arrive jamais, nous nous assurons de manquer le train de la croissance financière, qu’elle soit générée ou manipulée.
Bonne journée là…
Eric