Successeur de son père Armand, de son grand-père Siméon et de son arrière-grand-père Télesphore, Raymond acheta la ferme en production laitière le 11 octobre 1979. Le but premier de Raymond et de sa femme Jocelyne était de baisser le troupeau tout en gardant les mêmes payes. Ils commencèrent le contrôle laitier en janvier 1981 et s’améliorèrent sans cesse, mais parfois, pas aussi vite qu’ils le vo
ulaient. Jocelyne commença à s’occuper de l’alimentation suite au conseil du contrôleur. La moyenne montait sans cesse, et le troupeau baissait tranquillement en nombre. À l’automne 1981, ils bâtirent un entrepôt à machineries de 35’ x 50’ et 2 ans plus tard, un autre de 100’ annexé à la première partie. Ils montèrent également un silo à moulée de 12 tonnes pour éliminer le carré en bois sur le grenier. Le père de Raymond, Armand, s’occupait alors toujours des travaux aux champs. Ils cultivaient 650 arpents de foin, de maïs et d’orge, dont 137 arpents en tant que propriétaire. Ils montèrent un silo de 125 tonnes pour entreposer le maïs et l’orge. Par la suite, ils commencèrent à délaisser une terre après l’autre, pour mettre l’argent de location surtout sur le drainage. En 4 ans, ils firent drainer toute la terre. Cependant, en abandonnant des terres, ils perdirent les granges où ils entreposaient le foin. Ils décidèrent de construire une remise à foin derrière la vieille étable. La première moitié fût aménagé pour les taures et le reste, comme entrepôt à foin. C’est en 1991 que Jocelyne commença à tenir une comptabilité informatisée, ce qui facilita grandement la gestion de la ferme. En 1993, ils montèrent un garage pour réparer la machinerie. À l’été 1993, des problèmes environnementaux et des poursuites judiciaires les amena à prendre de grandes décisions : abandonner l’agriculture ou modifier leur façon de faire. Malgré les découragements qui suivirent cette période difficile, le soutien de leurs proches les poussa à continuer. Ils consultèrent le ministère de l’Agriculture. À la suite de très bons conseils, ils donnèrent un grand coup pour continuer. Ils formèrent une société, réaménagèrent l’étable et entreprirent la construction d’une fosse à fumier. C’est donc en 1994 que Ferme Jomond S.E.N.C. En 1999, ils abandonnèrent définitivement la production laitière. Les années suivantes furent des années de questionnements quant à la vocation principale de l’entreprise. Ils gardèrent des animaux en pension, exploitèrent un atelier de vache-veau jusqu’à 100 vaches et firent des travaux à forfaits. Mais cela ne donna malheureusement pas les résultats escomptés. La ferme prit donc un nouveau tournant en 2012-2013 : elle se lança dans la finition de bouvillons d’abattage et dans les grandes cultures. Les bâtiments désuets furent démolis et remplacé par des bâtiments plus adaptés à la nouvelle vocation de l’entreprise. C’est en 2017 qu’ils firent l’achat d’une terre de 28,4 ha cultivable que la ferme louait depuis déjà 25 ans. Leur fils Sébastien, travaillant sur la ferme à temps plein depuis plus de 15 ans, devint associé en 2018. Ce dernier étant très innovateur et ingénieux, il apporte beaucoup de nouvelles idées et construit la plupart des infrastructures. Il réalise presque tous les entretiens-réparations des machineries. Contre toute attente, leur fille Geneviève se joignit au trio en mai 2019. Elle travaille dorénavant à temps plein sur la ferme. Amoureuse des petits animaux à sabots, elle est la fière propriétaire de plusieurs chèvres, d’un mouton et de cochons. La chimie entre le frère et la sœur fait le succès et la force de l’entreprise. Que ce soit les travaux aux champs, la manipulation des animaux ou l’entretien des machineries, ils participent ensemble à toutes les activités de la ferme. Pour l’année 2021, ils se sont donnés comme objectif de développer un marché de vente de produits de la ferme directement aux particuliers. Même si Raymond est maintenant à la retraite, il apporte un bon coup de main dans les périodes occupées. Quant à Jocelyne, elle s’occupe toujours de la gestion à temps plein de l’entreprise. À ce jour, la ferme compte en moyenne 235 têtes à l’année et cultive 146 ha de maïs, de soya et de blé (dont 26 ha de foin).