10/02/2016
Prospectives,
Stratégies Patrimoniales 2016
Préambule :
Les marchés quels qu’ils soient sont soumis à fluctuation.
Pour l’anecdote, passionné d’automobile, nous regardons régulièrement les émissions du dimanche matin sur la thématique de l’automobile. Dans la diffusion de Turbo du 31/01, une présentation du marché du véhicule de collection a été faite. Ce qui nous a interpellé, c’est que tant Dominique Chapatte l’animateur, que nous même, avons été choqué des prix de vente de véhicules courant qui sont désormais passés en classement de collection à des prix exorbitants, qui ne se limitent plus à des véhicules d’exception. Cela traduit que les épargnants, déçus des placements classiques proposés, sont demandeurs de supports nouveaux. Il est évident que dans un cadre de diversification, les investisseurs épargnants recherchent des actifs dans lesquels au-delà du caractère de placement, ils font un investissement passion, et à ce titre ils ont raison. Cela ne doit néanmoins pas occulter que tout marché a une phase de croissance, mais aussi de purge !
Rétrospectives sur l’année écoulée :
L’année 2015 aura été une bonne année pour notre activité, car vous avez bien compris le rôle que nous jouons, conseils en gestion de patrimoine, en matière de diversification de votre patrimoine et d’indépendance de nos conseils. Les statistiques montrent une nouvelle année record en épargne, ce qui traduit le pessimisme des Français !
Une année néanmoins difficile, car pour un cabinet en croissance, nous dépendons fortement d’une lisibilité de notre économie soumis à des facteurs exogènes, mais aussi sur les lois à venir ; or nous avons du encore intégrer de nombreuses évolutions législatives ou de conformités qui nous contraignent et nous limitent dans le développement. Faut-il rappeler aussi que les banques ne sont pas nos alliées !!
De nombreux faits (Affaires Aristophil, Girardin industriel et plus récemment investissement dans le solaire et l’éolien) nous ont démontré que les offres alléchantes ne sont à détenir qu’à la marge, voire à éviter. En l’occurrence, nous consulter n’est pas superfétatoire, car de nombreux échos dans la profession nous avaient alertés soit sur le manque d’intégrité des dirigeants de ces entreprises, soit sur le risque fiscal des montages proposés.
Immobiliers et Pierre Papier :
- Immobilier :
Craintes de bulles de l’immobilier tertiaire. Dans l’immobilier d’habitation, il ressort d’une étude auprès des notaires de France que le 2/3 des notaires sont vendeurs sur l’immobilier.
Mon avis est totalement inverse, car la préférence des français pour l’immobilier, mais aussi la situation chaotique des actifs mobiliers (tous actifs confondus) aura pour tendance d’une appétence marquée pour l’immobilier. N’oublions pas que des facteurs restent en faveur de l’investissement immobilier, les taux bas et certaines lois fiscales.
Dans cet environnement, il vaudra mieux sélectionner des opérateurs de renoms et des opérations dans le neuf dont la livraison du bien est assez proche.
L’investissement locatif restera longtemps l’outil idéal pour la constitution de patrimoine, compte tenu de l’effet de levier du crédit. L’avantage fiscal qu’on en retire bien que n’étant pas une fin en soit, doit permettre d’améliorer la rentabilité interne de votre investissement.
Dans tous les cas, il est important que l’investissement réponde à une stratégie et un objectif défini préalablement en adéquation avec votre situation :
déficit fonciers (travaux, SCPI) => absorber les revenus fonciers;
défiscalisation (Pinel, Outre Mer, Monument Historique…) => diminuer la pression fiscale, avec un transfert dans la rentabilité de l’investissement;
absences de loyer (Nue propriété) => augmenter le rendement interne d’une opération en évitant le frottement fiscal;
Loueur Meublé => l’amortissement du bien absorbe le résultat et permet d’optimiser les revenus futurs;
Monuments historiques => investissement patrimonial répondant à une problématique successorale.
Pour autant, un investissement dans l’immobilier est vite conséquent et la sélection doit se faire sur un ensemble de critères de fonds.
- Pierre Papier :
La pierre papier permet de réaliser en un seul investissement une forte diversification. Le choix de ces supports doit se faire en comparant les valeurs de réalisation et de retrait. D’ailleurs, nous
pouvons désormais compter sur la possibilité aussi de financement de ces actifs (3 opérateurs ont été retenus pour ce faire).
Le fort développement de ces supports s’explique par tous les avantages qu’ils présentent.Néanmoins, même dans l’offre de bureaux, commerces et entrepôts, nous avons actuellement
quelques alertes sur les taux d’occupation en phase avec notre économie atone !
Il est donc nécessaire d’avoir une approche plus globale, en intégrant des actifs européens. Quelques SCPI se sont lancés dans ce développement, c’est intéressant donc d’intégrer cette logique à la composition de votre portefeuille immobilier, d’autant que ces supports présentent aussi un avantage fiscal indéniable.
J’ai été sollicité plusieurs fois concernant les OPCI. Ce sont des fonds hybrides qui mixent poches actions et autres titres mobiliers et immobiliers. Or, toujours dans la logique de bien identifier les supports d’investissement, il me semble logique de réaliser soit même les poches d’investissement en distinguant actifs mobiliers d’actifs immobiliers, en fonction de la notoriété des gérants et de la qualité de gestion.
Investissements discrétionnaires : (fonction de la surface patrimoniale)
- Groupements fonciers viticoles : faibles rendements, mais un intérêt indéniable pour la transmission du patrimoine
- Bois et Forets : idem
- Holding ISF
- Crowfunding (financement participatif)
Assurance vie :
Les rendements en fonds euro de plus de 3% se font rares. Néanmoins, l’assurance vie reste toujours très attractive pour des raisons de fiscalité et ne l’oublions pas, présente un avantage civil qui permet d’optimiser considérablement la succession.
Même après 70 ans, cet outil présente un atout indéniable qui permet encore d’augmenter la part hors masse successorale.
La crise de dettes souveraines dans les pays périphériques a montré qu’il est important de vérifier la pérennité des assureurs promoteurs de produit, mais surtout en répartissant vos capitaux sur différents partenaires (y compris en intégrant des assureurs étrangers : ex. Super privilège Luxembourgeois).
Une diversification relativement récente est à intégrer dans nos stratégies, à savoir la détention de supports immobiliers dans l’assurance vie, afin d’éviter une trop lourde fiscalité des revenus fonciers en directe.Bien que l’assureur soit obligé d’assurer une certaine liquidité des titres, ce type d’investissement reste néanmoins de l’investissement immobilier, car en cas de retournement de ce marché, la cession de ces titres serait difficile.
PEA et PEA PME :
Deux outils qui restent intéressants à détenir dans son patrimoine, quand bien même la volatilité des marchés s’intensifie. En effet, la majorité des épargnants utilisent cette poche dans un espoir de spéculation sur un capital déjà constitué, c’est justement cette stratégie qui est à revoir car elle expose ce capital.
A notre sens, cette enveloppe fiscale doit surtout être utilisée comme outil à versements périodiques dans un but de constitution de capital qui en fonction de la stratégie doit être sécurisé dès que les objectifs sont atteints (5 ans, capital atteint…).
Solutions Retraite :
Les solutions de retraite individuelles par capitalisation, le PERP et le Madelin retraite ont retenu l’attention de nombreux d’entre vous, sachant que le levier fiscal joue, cet outil offre une
performance intéressante. Afin de palier au fait que les sorties sont uniquement en rente pour le Madelin et partiellement en capital pour le PERP (20/80), Il est important de les coupler à une enveloppe d’assurance vie.
L’épargne salariale, mais aussi des solutions collectives telles qu’un article 83, doivent aussi être intégrés aux stratégies patrimoniales quand vous en avez la possibilité.
NB : Pour que je puisse faire le point avec chacun d’entre vous, je vous invite vivement à créer vos espaces personnalisés sur le site www.lassuranceretraite.fr. Il faut vous connecter avec votre
numéro de sécurité sociale, un code vous est envoyé quelques jours après. Ce site nous permettra de valider où vous en êtes auprès de vos régimes obligatoires, mais aussi et surtout en trimestres validés.
Marchés financiers :
L’économie de la France demeure atone, il était prévisible que les marchés financiers européens tireraient une part belle dans cet environnement idéal « planètes alignées » (taux, monnaies, énergie faibles), mais en fait, il n’en est rien. On s’inquiète que toutes les décisions n’aient pas été prises afin de dynamiser nos entreprises françaises, l’emploi et la consommation. Les marchés étant cycliques, n’ayant pas pris le train en marche, nous risquons de nous retrouver dans la prochaine correction de
marchés avant d’avoir pu profiter d’un retour à une économie dynamique.
La politique plus qu’accommodante de la banque centrale européenne n’a que peu d’effet sur les économies réelles, on peut même dire après 3 années, quelle est contre productive. La récente correction des marchés émergents, chinois, mais aussi le début de resserrement de vis la FED, alors que ses marchés boursiers sont au plus haut, nous plonge dans des incertitudes et une crainte d’une volatilité sans limite. Nous occultons volontairement les risques géopolitiques !
Le système financier devenu très complexe et mondial, remet totalement en question les théories économiques de bases, ce qui doit nous inciter à encore plus de prudence. Les primes de risques sont faibles eu égard au risque pris, donc les fortes expositions au marchés boursiers doivent se cantonner
aux versements réguliers avec un objectif de long terme. Même des fonds, comme les fonds flexibles nous montrent que les gérants dont c’est le métier, ont peine à trouver de la performance. D’ailleurs des véhicules de placement, tels que les trackers (ETF : gestion indicielle) se démocratisent avec « les
fintech » qui forcent les banques à revoir leurs stratégies, les frais étant extrêmement concurrentiels…le point positif, les Conseils en Gestion de Patrimoine seront positionnés au coeur de la sélection de
ces supports !
Dans ce contexte, Il s’agit pour nous de revenir sur nos bonnes vieilles méthodes de portefeuille à horizon, où les poches à risques sont à déterminer en fonction de la durée du placement et de l’aversion au risque du client. La gestion d’opportunité consistant à s’investir à chaque correction est certainement la méthode à privilégier en gestion de bon père de famille.
D’ailleurs un risque tout aussi important que celui des subprimes semble poindre, celui sur les dérivés indexés sur le pétrole et les financières qui ont participé au financement des sociétés du
secteur pétrolier. Le prix du pétrole très bas aura forcément une conséquence sur la stabilité de ces actifs. Des états sont d’ailleurs d’ores et déjà impactés (Algérie, Venezuela…).
Il est indéniable que les marchés matures et relativement stables doivent être privilégiés dans cet environnement. Les portefeuilles doivent être diversifiés, sans pour autant quitter le marché actions qui est source de profitabilité de long terme car créateur de valeur, en privilégiant la zone euro.
Nous restons néanmoins convaincu que certains marchés dynamiques (biotech, émergents, eau, Chine,Indonésie….), faisant le jeu des flux et reflux sont sur le long terme intéressants, mais à n’investir que par versements réguliers. Ces marchés étant très localisés, il vaut mieux sélectionner des gérants de renoms et des fonds de plus de 5 ans (avec un historique montrant leur qualité de gestion pendant les dernières crises) qui ont fait leurs preuves en la matière.
Un sujet qui reviendra sur la table forcément dans les mois à venir, c’est le sujet de l’or, alternative aux tensions à venir, valeur refuge ou non ?...peut on y croire quand on voit sa volatilité, mais surtout si nous revenons à nos fondamentaux : la rentabilité d’un actif se compose de Rendement et Plus value. Or l’or ne délivre pas de revenu, donc il est purement spéculatif. A choisir un actif tangible, croyez moi, préférez l’immobilier !
Optimisation de la situation patrimoniale et de la protection financière du foyer :
Une fois les décisions prises en matière de répartition d’actifs, les composantes d’ordre civil, affective seront à intégrer dans la stratégie afin de coller aux objectif fixés.
A faire en 2016 : nous vous proposons d’aborder avec vous des réflexions plus techniques lors de nos différents points financiers et fiscaux de l’année :
en matière de protection sociale, le volet complémentaire santé a largement été abordé en 2015 pour des raisons de contextes, deux volets sont à travailler pour 2016, il faudra revoir les garanties de prévoyance mises en place.
étudier l’aspect successoral (clauses bénéficiaires, optimisation des droits, démembrement)pour la protection de conjoint, mais aussi pour limiter les droits de succession.
chefs d’entreprises, anticipez votre départ à la retraite et la cession d’entreprise, le pacte Dutreil fait partie des moyens (tant en montant des droits qu’à l’ISF).
Département Patrimoine AUDEC