22/07/2026
Le premier déficit n’est pas encore le dommage
La prescription de l’action en responsabilité ne doit pas devenir une prime à la précipitation contentieuse. En matière d’investissement locatif, un déficit initial peut alerter ; il ne suffit pas toujours à révéler un dommage juridiquement constitué.
La chambre commerciale censure ici une approche trop mécanique du point de départ du délai. La première année de location déficitaire ne caractérise qu’une rentabilité probablement insuffisante, non la réalisation certaine du préjudice. La nuance est décisive : tant que l’échec économique de l’opération n’est pas objectivement acquis, l’action ne peut être réputée tardive.
L’arrêt confirme une exigence forte en responsabilité contractuelle : la prescription suppose la connaissance d’un dommage réalisé, de son fait générateur, de son auteur et du lien de causalité. Le simple doute sur la rentabilité promise ne suffit pas.
Pour les praticiens, la bataille probatoire se jouera sur les seuils contractuels, les projections financières et la date à laquelle l’opération a effectivement décroché de la rentabilité attendue. Le calendrier de prescription ne part pas au premier signal faible.
Source : Cass. com., 10 juin 2026, n° 25-14.312